Les étapes progressives de la méditation sur la vacuité

Étapes III et IV : La présentation du chemin du milieu

Chercher le cœur de la compassion
 Online programme mai 2021 avec Jim Scott

L’analyse : comment chercher le cœur de la compassion


Analyse des 2 types de non-soi -comme présenté dans « La Lampe de la Sagesse »


Devant le maître inégal le Bouddha impeccable Devant le Seigneur de la sagesse parfaite, le noble Manjushri et tous les autres-
Devant les détenteurs de la lignée du sens définitif, je me prosterne.
Ici je vais en bref expliquer les étapes de la méditation sur le non-soi. (1)


Les 5 agrégats sont pas le soi de l’individu
Il n’y a pas de soi qui est identique aux agrégats
Et il n’y a pas de soi qui existe a part des agrégats.
Le soi ne possédé pas les agrégats.

Les agrégats ne sont pas bases sur un soi et le soi n’est pas base sur les agrégats. (2)


Tour les phénomènes a l’extérieur et a l’intérieur n’ont pas d’essence
Parce qu’ils transcendent les extrêmes de « un » ou « plusieurs »,
Parce qu’ils surgissent pas d’un des quatre extrêmes,
Et parce qu’ils surgissent uniquement ne dépendance, sont des apparences existant en dépendance_
Alors regarde-les comme rêves, lunes dans l’eau et arcs en ciel. (3)


Concernant le raisonnement de ne pas être un ou plusieurs :
Dans l’objet perçu des particules indivisibles n’existent pas
Et des moments indivisibles de conscience n’existent pas.
Donc, si un n’existe pas, comment puisse une pluralité exister ?
Les phénomènes sont vides d’une nature par soi -comme des lunes sur l’eau. (4)


Concernant le raisonnement que les phénomènes ne surgissent pas de soi mémé :
S’il le feraient, ce surgissement serait sans sens et sans fin.
Concernant le raisonnement qu les phénomènes ne surgissent pas d’autrui :
S’ils le feraient, causes et non causes seraient égales.
Concernant le raisonnement que les phénomènes surgissent pas de soi et autrui :
Les deux raisonnements exprimes pertinent a cela !
La notion qu les phénomènes surgissent sans cause est vachement erronée.

Parce que s’ils le feraient, il existeraient soi toujours ou jamais
Et tous efforts dans ce monde serait en vain. (5)


Lors qu samsara et nirvana existent en dépendance,
Lors qu’identité et non -identité existent en dépendance,
Et lors que existence, non-existence etc., existent en dépendance,

Tous les phénomènes sont apparence-vacuité indifferentiablement, comme des lunes sur l’eau. (6)


Pourquoi est-il nécessaire de méditer sur le non-soi de l’individu ?
Parce-que la racine du samsara est l’accrochement a un soi,
Et sauf pour son remède, le non-soi,
On va pas trouver une chose qui puisse l’opposer. (7)


Et pourquoi méditer sur la non-identité des phénomènes ?
S’accrocher aux phénomènes comme réels, s’accrocher a des caractéristiques,
Les apparences duales, tous obscurations a l’omniscience,
Sont vaincu par leur oppose la non identité des phénomènes. (8)


Si on médite ainsi sur les deux types de non-identité
mais n’ajoutes pas l’esprit de compassion de Bodhicitta,

Ce n’est pas le chemin du Mahayana.
Alors fait augmenter ta Bodhicitta relative comme la lune croissante ! (9)


Toute cette vertu que l’effort a accumule,
si elle n’est pas dédie a l’éveil impeccable,

elle va être détruite par colère etc..
Alors scellez toujours cette vertu avec une dédicace non-référentielle. (10)


Les prières d’aspiration suivent le dédicace :
« Pour bénir tous le êtres sentients inclus mes ennemis,
Que je sois ne comme animaux, humains, dieux, mi-dieux et de mémé dans d’autres mondes-
dans tous sortes de corps puisse-je apprivoiser le êtres » ainsi on prie. (11)


Par le pouvoir d’ainsi compléter parfaitement les deux accumulations,
Que tous les êtres soient plein d’amour le uns pour les autres,
Qu’ils réjouissent une prospérité paisible sans discorde,
Et par ceci puisse la lumière auspicieuse illuminer l’univers ! (12)


Compose a Kagyu Thubten Chöling, New York, 18 octobre 1988 par celui qu’on appelle « Khenpo », Tsültrim Gyamtso. Traduit en anglais par Ari Goldfield (copyright 2012)
et en Français par Wolfgang, Valérie et Christelle


Analyse du Soi et de Phénomènes
 Présenté dans le 18-eme chapitre de la « Sagesse du Chemin du Milieu » de Nagarjuna


Si ça serait ainsi que le soi est les agrégats
Il serait prédisposé a la naissance et la mort ;
et s’il serait autre que les agrégats
Il lui manqueraient les caractéristiques (traits) ? des agrégats.


Et s’il n’y a pas de « soi » existant véritablement,
Comment pourrait exister n’importe quel « mien » ?
Une fois que « moi » et « mien » sont complètement apaisé,

le percevant de « moi » et « le mien » n’existe non plus.


Celui pour lequel il n’y a pas de « soi » ni « mien »
Et aussi pas quelqu’un qui a une existence ;
Celui qui voit l’absence d’existence
d’un « soi » et du « mien » conçu, ne voit pas un soi.


Quand la supposition que « moi » est interne
Et le « mien » est externe est abandonne,
Alors ce qui est adopte par compulsion
Va se terminer et avec lui la naissance va se terminer de même.


Quand karma et klesha ont disparu c’est la libération ;
Les actions karmiques et les kleshas proviennent des pensées ;
Ceux proviennent de leur fabrication ;
La fabrication se termine complètement par la vacuité.


Il n’a pas seulement dit « il y a un soi »
Il enseignait de même parfois « il n’y a pas de soi » ;
Mais les Bouddhas enseignent aussi l’absence totale
D’un soi et de son absence.


Au delà de ce qui peut être signifie
Et au-delà de la vue des operations mentales
L’état pure, le Dharmata n’a pas de surgissement
Et ne se termine pas -juste comme le Nirvana.


Tout était enseigne comme valide, puis non-valide ;
Et puis a été enseigne comme valide et invalide ;

Et puis comme ni valide ni invalide;
Ceci sont des affinements -juste comme le Bouddha avait enseigne.


Pas reconnaissable par d’autres, c’est la paix ;
I ne peut pas être complique pas fabrications ;
Ce n’est pas une pensée et n’a pas de facteurs discernantes ;
Ceci sont les traits de la nature tellement unique.


Quand quelque chose se passe en dépendance d’autre,
Parce que l’un n’est pas précisement l’autre,
Et quand de même n’est pas complètement autre,
Il n’y a ni annihilation ni permanence.


Dans le nectar des enseignements des Bouddhas,
Dans le message de gardiens du monde,
Les facteurs sont ni pareils ni différent,
Et il n’y a ni annihilation ni permanence.


Même si il n’y a pas de présence d’un Bouddha,
Et qu’on ne trouve plus de Sravakas,
La sagesse portée par les Pratyekabouddhas,
Se développe bien, même qu’il n’y a pas de guide.


L'ornement de la pensée du maître Nagarjuna qui clarifie la vraie nature

Commentaire de Ju Mipham

Un commentaire sur ce sujet se trouve dans les sutras dans des mots tels que : "La forme est vide de "moi" et de "mien"..."

Notre commentaire sur ce sujet est le suivant :

Si l'exécutant d'actions karmiques ainsi que l'expérimentateur d'états d'esprit affligés (kleshas)

et ainsi de suite, qui apparaissent à des êtres immatures, sont aussi faux que les cités de gandharvas et ainsi de suite, en n'étant pas de la nature réelle des choses, en quoi consiste alors la vraie nature on comment l’approcher ?

En ne prenant pas les choses extérieures et intérieures pour des référents focaux objectivement existants, l'association de l'idée de "je" et de "mien" avec ces choses sous quelque forme que ce soit s'épuise [progressivement].

Cette (liberté par rapport au "moi" et au "mien") est la nature réelle. On y parvient en sachant que tous les défauts et toutes les imperfections proviennent des points de vue.

imperfections dérivent des vues liées à la collection transitoire [vues qui sont destructibles en ce qu'elles sont erronées].


L'examen de ce sujet comprend deux points principaux : le texte en tant que tel et le titre de ce chapitre. Le premier comporte trois parties :

1) les étapes à franchir pour accéder à cette nature ;

2) une présentation des caractéristiques qui la définissent ;

3) et les résultats de l’entraînement en cette nature.


Le premier de ces chapitres comporte trois parties :

a) la réfutation du "moi" et du "mien" ;

b) la manière dont la libération est obtenue en épuisant la fixation ;

c) l'élimination des contradictions [apparentes] dans la transmission textuelle.


1) Les étapes à franchir pour accéder à cette nature

a) La réfutation du "je" et du "mien"


Bouddhapalita a également enseigné que la nature réelle telle qu'elle est présentée dans ce dix-huitième chapitre pourrait être appelée le cœur même de ce texte entier. L'Examen ici sera dirigé vers le sens instinctif du "moi" qui est perçu en conjonction avec le sens instinctif du "mien". Sont-elles identiques ou différentes des skandhas, et où peuvent-elles se trouver ?


Dans les chapitres intitulés L'Examen du Tatagatha, L'examen du feu et du bois, etc., notre analyse textuelle s'est déroulée selon cinq axes, mais nous les condenserons ici dans leur signification essentielle et examinerons le sujet sous deux angles.


Le premier s'énonce comme suit : s'il était tel que le soi soit l'amas constitué par les cinq agrégats (skandhas), le soi serait également sujet à la naissance et à la désintégration ; il en aurait une multitude; et il n'y aurait pas de force contraignante qui pousserait [le soi] à prendre [les skandhas], car les skandhas et leur essence seraient inséparables.


Et si le soi était autre chose que les skandhas, il serait alors également dépourvu des trois caractéristiques des skandhas : naître, rester un certain temps et se désintégrer. Si l'on prétend que c'est le cas, la conséquence serait que le soi serait non composé, car il serait une non-chose.

Et un non-composé n'a pas de composition essentielle, comme une fleur du ciel.

En étant permanent, il ne serait pas en mesure d'effectuer aucune des actions d'un soi, il serait donc inutile.


(Le second des deux angles mentionnés ci-dessus) :

Si, sur ces bases, il n'y a pas de "moi" réel existant avec une essence constitutive, comment pourrait-il y avoir des skandhas etc. existant en tant que miens, qui ne pourraient exister qu'en dépendance d'un "moi" ?

Puisque les facteurs observés, "moi" et "mien", n'ont jamais existé en tant qu'objets d'observation parce qu’ils sont totalement en paix par nature, leur observateur, le concepteur du "moi" et du "mien", est nié et est [ainsi démontré comme étant] inexistant.


b) La manière dont la libération est obtenue par l’ épuisement de la fixation


Si vous dites : " Le yogi qui voit qu'il n'y a pas de " moi " et de " mien " existe, cela prouve donc qu'il y a un " soi ".

La réponse est : celui pour qui il n'y a pas de "moi" et de "mien", à savoir le yogi qui voit que

que ceux-ci n'existent pas, n'a pas non plus d'existence en tant que personne dont la nature serait celle d'un soi, car un soi autre que le soi et les skandhas que nous venons d'examiner ne serait pas possible.

Alors le yogi même qui voit l'existence manquante pour le "moi" et le "mien" conçus ne voit pas non plus de soi.


Par conséquent, on pourrait dire qu'un yogi pour qui il n'y a pas de conception du "moi" et du "mien" qui apparaît et qui voit quelque chose comme existant avec une essence réelle ne verrait pas la nature réelle elle-même et ne serait pas en mesure d'abandonner les vues concernant la collection transitoire.


Les états d'esprit affligés contiennent tous en eux la racine des vues concernant la collection transitoire ; mais comme ils n'ont pas d'application valide, l’impulsion d'adopter des états affligés peut être complètement épuisée; lorsque cela est accompli, il n'y a plus d'accumulation de karma et, de ce fait, aucune autre naissance n'est prise.


Et pourquoi cela ? C'est parce que le karma, les kleshas et le reste dérivent des pensées et n'existent donc pas de manière inhérente, puisque ces états d'esprit affligés sont de simples sous-produits de

pensées erronées qui interprètent de façon erronée ce qui est agréable et désagréable.


Les pensées qui constituent cette activité mentale incorrecte sont produites par une accoutumance sans commencement à un processus de fabrication impliquant de fortes présomptions qui s'accrochent catégoriquement à qu'il existe un connaisseur et un connu, ainsi qu'un signifiant et une chose signifiée à travers des termes tels que "vase", "tapis", "homme", "femme", "perte", "gain" et ainsi de suite. Ces fabrications sont liées à la prise en compte de l'existence réelle des choses. Lorsque les objets auxquels elles se réfèrent seront vus comme justement vides, elles cesseront.


Cela se passe exactement comme dans le cas de la fille d'une femme stérile. Parce qu'elle n'existe pas, la fabrication de l'idée, "C'est une fille", n'a pas lieu. Et sans cela, il n'y aurait

aucune activité mentale erronée l'objectivant comme étant d'une nature attrayante ou comme étant propre et agréable, etc. Sans cela, aucune passion pour elle ne se développerait, et là où il n'y en a pas, aucune action comme la toucher et ainsi de suite sera exécuté.


On est impliqué dans la supposition que les skandhas animés internes sont "moi" et que les skandhas inanimés externes sont "mien". [Cela constitue ce que l'on appelle] les vues concernant la

collection transitoire. Lorsque ces points de vue auront été éliminés, les quatre facteurs que l'on adopte de manière compulsive prendront fin. Il s'agit des désirs adoptés de manière compulsive, des vues, de la fixation sur son propre code de discipline comme étant supérieur, et la prétention à l'existence d'un soi. Parce que l'adoption compulsive de tels facteurs a été éliminée, le type de naissance dont la caractéristique est de fournir une existence conditionnée prendra fin également.


La cause de ce type de naissance est le karma et les kleshas. Lorsque ceux-ci disparaissent, c'est ce qu'on appelle la libération. Les actes karmiques et les kleshas proviennent des pensées qui sont des formes d'activité mentale incorrecte. Les pensées elles-mêmes proviennent de la fabrication d'étiquettes, qui à leur tour constituent toute une variété de conventions. Quant à ce processus de fabrication, il s'achèvera par la constatation de la vacuité du "je", du "mien" et de tout ce qui va avec. Ici, on ne prend plus les étiquettes associées aux objets, qui sont eux-mêmes dépourvus de nature substantielle, comme ayant une quelconque pertinence objective.


Si l'on n'élimine pas toutes les formes de fabrication impliquant l'association d'étiquettes, même si l'on ne considère aucun phénomène comme réellement existant, on n'aura pas radicalement modifié les pensées qui appliquent des étiquettes déterminantes. Et donc, on peut avoir pénétré l'absence d'existence réelle des phénomènes dualistes dans le calme méditatif d'un être noble, mais s'il s'agit d'une sagesse non-conceptuelle qui s'abstient simplement de conceptualiser les trois branches d'une opération comme réellement existantes, même si cette sagesse non conceptuelle ne pense pas en termes de vraie existence, elle n'a pas cessé d'étiqueter les phénomènes comme étant dépourvus d'identité propre, comme étant intérieurs ou extérieurs, comme constituant un environnement ou ses habitants et ainsi de suite, alors comment cela pourrait-il être une pacification complète de la fabrication ? Le seul niveau de fabrication qui a été éliminé est la fabrication de la véritable existence ; mais l'autre dimension ici, la fabrication de l'absence d'existence, n'a pas été éliminée.

C'est comme penser que tous les phénomènes n'ont pas de cornes de lapin.


Il n'y a pas d'existence véritable, mais en s'accrochant à cette étiquette [dont l'intention est] de couper l'idée de l'existence véritable, on est impliqué dans la fabrication de l'absence d'existence véritable. En effet, on n'aura pas éliminé la fabrication de tout phénomène, extérieur ou intérieur, y compris les vases et ainsi de suite.

et ainsi de suite.


Pour cette raison, la sagesse non conceptuelle n'est pas impliquée de quelque façon que ce soit dans la fabrication d'étiquettes et est donc totalement libre de toute fabrication.


(Considérons de plus près le fait que) ce n'est pas simplement l'absence de fabrication de l'existence véritable. Tant qu'il y a fabrication de quoi que ce soit en tant qu'objet de l'esprit discursif,

bien qu'il n'y ait pas de perception de son contraire à ce moment-là, cela n'empêche pas cette fabrication de se produire, et l'on n'a donc pas dépassé le stade de la fabrication d'une conception de son absence d'existence réelle.


Lorsqu'il n'y a aucune fabrication d'étiquettes, c'est ce qu'on appelle la non-référentialité,

la sagesse non conceptuelle et l'absence de fabrication. Et dans la même veine, on n'est pas en train d’affirmer quoi que ce soit concernant l'être fondamental, ni en faire un référent sur lequel se focuser.


Quelle que soit la tentative que l'on puisse faire à ce stade pour réfuter ou établir quoi que ce soit au sujet de l'ultime, pour en retirer quoi que ce soit ou ajouter quoi que ce soit, on serait toujours impliqué dans la formulation d'affirmations, parce qu'on ne sera pas arrive au delà de la production de fabrications (mentales).


Par conséquent, les fabrications, qui comprennent la fabrication d'étiquettes et la fabrication de l'existence véritable en tant que ses subdivisions, sont les objets d'une intelligence erronée, et il est important de comprendre la grande différence entre l'absence de l'existence véritable et la liberté d'un étiquetage. Les étiquettes déterminatives sont la cause de notre focalisation sur les phénomènes comme existants. Lorsque l'on les a établi comme vides, on a établi la vacuité des pensées telles que "propre" et "impur" et on ne sera plus fixé sur de tels phénomènes comme s'ils avaient des composants essentiels. Lorsque cela a été établi, on ne sera plus pris dans la recherche d'adopter un type de phénomène et d'en rejeter un autre. C'est pour ces raisons que ce point est si important.

c) Éliminer les contradictions [apparentes] dans les Écritures


On pourrait soulever l'objection suivante : s'il n'y a pas de " moi " à l'intérieur et de " mien " à l'extérieur, comme cela a été expliqué, n'est-ce pas en contradiction avec les déclarations du Bouddha telles que celle-ci : " [Votre attitude devrait être] : "Je suis moi-même mon propre protecteur ; mais les autres, qui pourraient-ils protéger ?". En en s'apprivoisant bien, les sages gagneront les royaumes supérieurs."


En réponse, le Bhagwan dit : " Ici, il n'y a pas de soi ou d'être sensible ; et quant à tous ces phénomènes, ils ont une cause." Il a également dit : "Le soi n'est pas une forme..." Cherchons à savoir ce qu'il voulait dire par ces déclarations.


Non seulement le Bouddha a dit à certaines occasions, "Il y a un soi", indiquant qu'il existe afin de guider les matérialistes et d'autres personnes vers l'étape suivante, il a également enseigné qu'il n'y a pas de soi afin de réfuter les opinions concernant la collection transitoire. Mais il y a certains

qui, en raison d'une accoutumance antérieure, ont un engagement supérieur aux enseignements traitant du profond et sont proches du nirvana. Pour ces étudiants avancés, qui sont capables de sonder les profondeurs du point le plus profond contenu dans ces écritures du Puissant qui se rapportent à la liberté de la passion, le Bouddha a également démontré les deux -l'absence du soi et L’absence de l'absence de soi, qui avait été fournie comme un moyen de trancher le vues mentionnées.


Ceci est présenté [dans les écritures] comme suit :

"Tout comme l'opinion selon laquelle il existe un soi n'est pas correcte,

De même, son remède - l'absence de soi - n'est pas correct non plus ;

Ainsi, il n'y a pas de soi quel qu'il soit et il n'y a pas de non-soi quel qu'il soit."


Dans un sutra, il enseigne : "Kashyapa, ce que l'on appelle 'soi', c'est un extrême. Ce que l'on appelle "non-soi", c'est un second extrême. Quel est le milieu entre ces deux extrêmes ? C'est là où il n'y a pas de forme, pas de description et ainsi de suite."


Le Ratnamala [de Nagarjuna] dit, entre autres choses :

"C'est ainsi que le soi et l'absence de soi.

Correctement compris ne sont pas observés

Et c'est pourquoi le puissant sage corrige

à la fois la vision du soi et l'absence de soi".


Le texte intitulé Paroles claires [de Chandrakirti] explique que cela représente une progression par étapes correspondant au niveau de l'étudiant, progressant respectivement de l'inférieur à l'intermédiaire et au plus avancé. Dans le même ordre d'idées, Aryadéva a dit : "D'abord, ce sont les personnes sans mérite qu'il a corrigés ; au milieu, il a corrigé [la croyance en un] soi. À la fin, il a éliminé tout ce sur quoi ces vues sont basées sur. Quiconque comprend cela est habile."


Extrait d'un sutra ,

"Tout comme lorsqu'on enseigne l'alphabet à quelqu'un

on présente les lettres dans un ordre naturel.

De même le Bouddha, lorsqu'il enseigne le dharma aux êtres,

leur fournit précisément ce qu'ils sont capables de gérer."


La Prajnaparamita dit : "Si vous faites l'expérience de ce que vous appelez "l'existence du soi", vous ne faites pas l'expérience de la connaissance transcendantale. Et il en va de même pour le non-soi. Et il en va de même pour appeler les skandhas vides."

Vous pourriez dire : "Très bien, si les bouddhas n'enseignent ni l'existence d'un soi ni l'absence de soi, qu'enseignent-ils ?" Ils n'enseignent rien du tout ici, parce que même s'ils devaient

formuler la réalité authentique d'une manière particulière dans le but de l'enseigner, cela n'entrerait en aucun cas dans le cadre des mots utilisés.


On peut se demander pourquoi elle ne peut pas être exprimée par des mots. Si c'était un objet qui tombait sous le champ des opérations mentales, les mots s'appliqueraient à lui, mais ce n'est pas le cas. Si vous demandez pourquoi ce n'est pas un objet rencontré par le biais d'opérations mentales, c'est parce qu'il est libre des deux extrêmes que sont le surgissement et la cessation.


C'est ainsi qu'il en est dans la réalité, mais, sur le plan relatif, le Vainqueur est habile dans l'utilisation de méthodes efficaces et les utilise pour nous guider vers l'être pur, qui est au-delà de notre compréhension. S'il ne le faisait pas, personne ne serait en mesure de l'actualiser.


C'est pourquoi, au début, son enseignement correspond à [la façon dont on voit les choses dans] le monde. À ce stade il fournit une classification approfondie des agrégats, des potentiels d'expérience (dhatu) et des portes de la perception (ayatanas) qui constituent ensemble l'environnement et ses habitants, ainsi que leurs relations de cause à effet. Puisque tout cela semble d’exister objectivement

avec quelqu'un qui se concentre sur lui et quelque chose sur lequel on se concentre, il enseigne d'abord que cela est valide, conformément à la façon dont cela semble d’être le cas. Plus tard, il enseigne que tout cela n'est pas valable ; et à certains, c'est-à-dire à ceux qui se sont appuyés sur chacun de ces éléments et se sont habitués à chacun d'entre eux à tour de rôle, et qui ont seulement un très faible degré d’obscuration a abandonner, il démontré que nul de ces vues est applicable. Il le fait tel pour leur permettre de pénétrer a la vraie nature propre. Pour ceux qui ont abandonne tous obscurcissements sans exception il n’y a aucun besoin d’enseigner quelque chose.


La réalité authentique est donc au-delà de ce qui peut être signifié ou enseigné et n'est donc pas enseignée ou exprimée par des mots, car elle dépasse le cadre des opérations mentales, qui ont comme cadre le raisonnement.

.

Si vous demandez pourquoi elle les dépasse, c'est parce que l'être pur, le dharmata, la nature même de tous les phénomènes dès l'origine, n'a pas d'origine et n'a pas de fin, précisément comme le nirvana, qui n'est pas un objet de pensée et ne relève pas de la terminologie.


On peut alors se demander : comment cette nature est-elle présentée dans un contexte mondain ?


Au début, pour guider ceux dont les facultés ne sont pas entraînées sur le chemin, tous les agrégats, etc. sont enseignés comme valides et réels. Plus tard, pour leur permettre de se défaire de leur attachement à cela, on leur enseigne qu'ils ne sont pas valides. Pour leur permettre de renoncer aux deux premiers, on enseigne aux personnes de capacité moyenne que ces deux éléments, on leur enseigne qu'elles sont à la fois valides dans un sens conventionnel et invalides en ce qui concerne la nature réelle. Pour permettre à ceux dont la capacité est la plus élevée d'éliminer tous les extrêmes qui accompagnent la fabrication, on leur enseigne qu'elles ne sont ni valides ni invalides, c'est-à-dire qu'elles sont dès le départ libres du processus de fabrication qui produit tous les extrêmes.


Il s'agit d'ajustements, c'est-à-dire d'une progression graduelle des enseignements que le Bouddha a adaptés à la mentalité spécifique de chaque niveau d'êtres à former. Ainsi, l'ensemble

série de ces enseignements sert de moyens habiles pour réaliser la nature finale.


2) La présentation des caractéristiques déterminantes de la nature actuelle


On peut alors se demander comment se définit l'objet de la réalisation, la nature actuelle ?

Il a déjà été démontré qu'elle transcende la pensée et l'expression. Mais vous pouvez

néanmoins insister pour que ses caractéristiques soient décrites en des termes qui correspondent aux

conventions utilisées dans le monde.


Dans ce cas, [sa première caractéristique est qu'elle] ne peut pas être comprise telle qu'elle est par le biais de présentations données par d'autres personnes à l'aide de raisons et d'exemples. La façon dont on la verrait dans ce cas ne serait pas une vision de ce qu'elle est réellement. Cela correspondrait à quelqu'un qui aurait une cataracte grise "voit" sans cataracte en apprenant que les cheveux qu'elle voyait n'étaient pas la. On ne peut pas réaliser l'objet de la réalisation de cette manière ; on comprendrait simplement que sa façon de voir était erronée. Si la maladie oculaire est éliminée, cependant, par des procédures médicales capables de l'éliminer, la vision correcte émergera directement.


Dans le même ordre d'idées, les nobles enseignent effectivement la nature réelle en utilisant des superpositions ; Néanmoins, on ne peut pas la connaître telle qu'elle est à travers les termes, les exemples et les raisons présentés par d'autres.


(Une autre de ses caractéristiques est qu') elle est la paix, ce qui signifie qu'en elle, le tempérament

caractérisant les quatre extrêmes a été absent dès le début.


Elle ne peut pas être compliquée par les fabrications de la parole en l'appelant "un ceci" ou "un cela".


Il ne s'agit en aucun cas d'une pensée servant d'observateur d'un angle particulier sur lequel on se focalise. Comme était enseigné, c'est ce qui est dépourvu de tout mouvement d'opérations mentales, sans parler de la formation de lettres.


Et parce qu'il n'y a pas en elle de facteurs différents ni de référents divers, elle a un caractère

d’égalité.


Ces cinq traits sont les caractéristiques de la nature si unique, la nature qui se manifeste uniquement pour les nobles. Ici chaque trait successif élucide davantage chaque trait précédent.


En tant qu'approximation de la nature unique à un niveau strictement conventionnel du monde, tout ce qui se produit en fonction d'un phénomène, parce que l'un, par exemple, une pousse, n'est pas

précisément l'autre, à savoir la graine, et pourtant n'est pas non plus quelque chose de complètement différent dans sa composition, il n'y a ni annihilation ni permanence.


Dans l'amrita, qui est l'enseignement des bouddhas et qui nous libère de manière décisive de la vieillesse et de la mort, dans la réalité profonde, la nature actuelle qui est le message des gardiens du monde, il n'y a pas de facteurs identiques ou différents. Il n'y a pas d'annihilation ni de permanence, elle est suprêmement libre de tous les extrêmes.


Pour y regarder de plus près, la graine et le germe ne sont pas identiques ; s'ils l'étaient, la conséquence, entre autres, serait que le producteur et ce qu'il produit seraient les mêmes.

même. Et donc, la graine n'a pas de durée permanente dans le sens où elle passe effectivement

dans le germe. Ils ne sont pas non plus totalement différents, puisque la conséquence, entre autres, serait que le germe pourrait exister sans la graine. On évite donc l'absurdité de la disparition totale de la graine et de la coupure de sa continuité c'est-à-dire anéantie.


Le point est que dans la paix, qui est comparable à l'espace, l'inséparabilité des deux vérités

est comme le centre de l'espace, comme c'est le cas dans l'équilibre méditatif des êtres nobles ; et le point de leur post-méditation est que tous les phénomènes sont des illusions interdépendantes qui n'ont aucune permanence et ne sont pas annihilés.


3) Les résultats obtenus par celui qui apprend la nature réelle


Les Bodhisattvas en contact avec la réalité de la nature actuelle et qui sont en train d'amener les voies et les niveaux à la perfection finale, atteindront le nirvana dynamique [également appelé nirvana non-demeurant, car il ne s'arrête pas dans le samsara ou le nirvana].


Mais ceux qui ont le type de potentiel qui appartient aux familles Sravaka et Pratyekabuddha

s'efforcent de ne réaliser que leur propre bénéfice dans l'état de pacification, et pour cette raison poursuivent la nature précise de l'absence de soi personnel comme cela a été expliqué ici, et ce faisant, atteindront ce nirvana qui conquiert de manière décisive le vieillissement et la mort, qui est tout ce que cette voie offre.


Ce que nous pourrions ajouter ici, c'est que tant que les racines, sous la forme de ses efforts vertueux, n'ont pas encore porté de fruits, on n'obtiendra pas la libération dans cette vie ; par contre

par l'accoutumance développée au cours de cette vie comme cause, il est enseigné que l'on obtiendra définitivement la libération dans une vie ultérieure.


Si vous pensez, "Il n'y a rien de certain à ce sujet. Il est possible que je ne rencontre pas toutes les causes nécessaires [dans une vie ultérieure], comme un ami spirituel qui peut enseigner la nature réelle, etc., (la réponse est) que l'accoutumance à l'être pur vous fait sortir de l'existence conditionnée. Il n'y a jamais d'incertitude à ce sujet et cela ne vous trompera jamais. Même si aucun Bouddha ne se manifeste et que les Sravakas ont disparu et qu'on ne peut plus en trouver, la sagesse que les Pratyekabouddhas portent en raison de l'accoutumance antérieure se développe bien, bien qu'il n'y ait pas de guide sous la forme d'un autre. En d'autres termes, cette sagesse se développe bien qu'il n'y ait pas de condition contingente sous la forme d'un ami spirituel et ainsi de suite, que l'on pourrait rechercher comme support sur lequel s'appuyer.


Comme cela l'indique, la nature actuelle a un grand pouvoir et c'est grâce à elle que l'on va découvrir ce nectar et certainement atteindre le nirvana, cela ne fait aucun doute. Par conséquent, il faut rechercher la nature ultime même au prix de sa vie... [comme l'ont démontré les Bodhisattvas précédents].


Pour les Sravakas, la nature réelle est d'une grande importance et pour les Bodhisattvas, elle est comme un guide pour ceux qui sont aveugles de naissance. En ce qui concerne la nature découverte par l'examen des phénomènes d'origine dépendante, c'est par elle que l'on atteindra la bouddhéité pas à pas et il est tout à fait certain que personne ne pourra l'empêcher.


Quant à la façon dont les Pratyekabouddhas atteignent la nature ultime, c'est par l'examen de soi mentionné ci-dessus, par lequel ils épuisent leurs suppositions de "moi" et le "mien" ; bien que ceci [ne soit pas une description complète] de leur voie.


On peut donc dire que ce chapitre capture de manière succincte les points essentiels de la méditation sur les deux formes d'absence de soi. Les lignes jusqu'au mot "libération" couvrent l'étape de cette progression qui traite de la méditation sur l'absence de soi, qui est commune à toutes les écoles bouddhistes. De là, jusqu'à la ligne "Il n'y a ni annihilation ni permanence" traite de l'absence d'identité au sein des phénomènes, ce qui n'est pas commun à tous.


Le deuxième point : c'était le dix-huitième chapitre, intitulé L'examen du soi et des phénomènes.

Commentaire de Ju Mipham sur le dix-huitième chapitre de la « Connaissance fondamentale de la voie du milieu » de Nagarjuna.

Avec les conseils de Khenpo Tsultrim Gyamtso Rinpoché.

Et sous les auspices de l'Institut Marpa de traduction

Traduit par Jim Scott en conjonction avec le programme d'enseignement d'hiver de Pullahari, 1998